[RetroMedia] Avant la Covid-19, les pires épidémies de l'histoire en photos

Rédigé le 27/11/2020
Nola Bettini


©Government of Queensland handout/Epa/Maxppp - Brisbane, Queensland, Australie : un groupe de volontaires fait du porte à porte pour aider les malades de la grippe espagnole en 1919.

 

​Alors que le monde fait face à une 2ème vague de Covid-19, l’ONU prévoit des pandémies “plus fréquentes et plus meurtrières”.

Petit retour en arrière : peste, choléra, variole, grippe espagnole… Quelles ont été les épidémies les plus virulentes de l’Histoire ?



©Keystone/Maxppp  - Berne, Suisse : une laborantine de l’Institut suisse du vaccin travaille au dosage des flacons du sérum contre le choléra en flacons en 1947. 


La peste

La peste est une maladie commune aux humains et aux animaux. Forme la plus fréquente, la peste bubonique fait suite à la piqûre de la puce de rongeurs infectés. Elle se traduit par l'inflammation d'un ganglion et une tension douloureuse des tissus, qui finissent par s’ulcérer et suppurer. Cette pathologie provoque de la fièvre, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et une fatigue importante. Il existe aussi une forme transmise par voie aérienne (peste pulmonaire). 



©NationalPictures/Maxppp - Angleterre : les paléontologues pensent avoir trouvé la plus ancienne preuve de la peste bubonique, dans une puce piégée dans l'ambre depuis 20 millions d'années. 


La peste de Justinien, du nom de l’empereur qui régnait à cette époque, est la première occurrence historique de la peste bubonique. Elle tua environ 25 millions de personnes à travers le monde et particulièrement autour du bassin méditerranéen. L’épidémie aurait débuté en Égypte en 541.

La peste noire bubonique a débuté aux abords de la mer noire vers 1340 et s’est rapidement étendue en Europe et dans certaines régions d’Asie, faisant 75 millions de morts. Elle aurait tué entre 30 et 50 % de la population européenne de 1347 à 1352, selon certaines estimations.



©Active Museu/Maxppp - Tableau de Giuseppe Maria Crespi "Bartolomeo Tolomei au milieu des victimes de la peste noire à Sienne en 1348 ".


La grande peste bubonique de Londres, probablement apportée par des bateaux en provenance des Pays-Bas, a tué 20 % de la population de Londres durant l’hiver 1664-1665, soit presque 100 000 personnes.

La peste est une maladie ré-émergente, qui n'a jamais totalement disparu. Entre 2010 et 2015, 3 248 cas ont été signalés au niveau mondial, causant 584 morts selon l'OMS (Organisation mondiale de la santé). Ces 20 dernières années, il y aurait eu près de 50 000 cas. Elle sévit surtout en Afrique, en Asie et en Amérique. Les antibiotiques sont efficaces s'ils sont administrés à temps.



©Bibliothèque nationale de France/Maxppp -  Tournai, Belgique : procession de la peste, les reliques portées par les prêtres en 1928.


Le choléra

Considérée comme la plus dévastatrice des grandes pandémies historiques, le choléra est une infection intestinale provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. Il provoque de violentes diarrhées, parfois accompagnées de vomissements.



©Bibliothèque Nationale de France/Maxppp -Tripoli, Lybie : cadavres de cholériques en 1912 durant la guerre  turco-italienne.


Au XIXe siècle, le choléra s’est répandu dans le monde entier à partir de son réservoir original, dans le delta du Gange en Inde.

Les 6 pandémies qui ont eu lieu par la suite ont tué des millions de personnes sur tous les continents.

La pandémie actuelle (la septième) a démarré en Asie du Sud en 1961, et a atteint l’Afrique en 1971, faisant des ravages. Le choléra est désormais endémique dans de nombreux pays. En l’absence de traitement, l' infection très contagieuse peut tuer en quelques heures.

L'OMS estime chaque année à près de 3 millions le nombre de cas et à plus de 95 000 le nombre de décès dus à cette maladie.



©Keystone/Maxppp - Zurich, Suisse : vaccination contre le choléra en 1971.


La variole

La variole, ou petite vérole, est de loin la maladie infectieuse d’origine virale la plus mortelle de toute l’Histoire. Extrêmement contagieuse, elle était provoquée par le poxvirus“. Cette maladie, propre à l’espèce humaine, provoque une éruption cutanée très caractéristique, une fièvre élevée, de la fatigue ainsi que des maux de tête et de dos.



©Photopqr/Le Télégramme - Vannes : dernier cas de  variole en France en 1954.


La variole a été un fléau pour l'humanité pendant des millénaires. Elle serait apparue vers le IVe millénaire av. J.-C. selon les données épidémiologiques et historiques. Au 18ème siècle cette pathologie tuait un enfant sur dix en France. Au 20ème siècle, le virus a entraîné la mort de 300 à 500 millions de personnes à travers le monde.

La petite vérole a été totalement éradiquée en 1977 grâce à la campagne massive de vaccination organisée par l’OMS.



©UPPA/Photoshot/Maxppp - Woolwich, Angleterre  : une file d'attente au centre pour la vaccination contre la variole en 1962.  

 


La grippe espagnole

La grippe espagnole, particulièrement virulente et contagieuse, se caractérisait par de la fièvre et un affaiblissement des défenses immunitaires. La plupart des victimes de la grippe espagnole mouraient de surinfection bactérienne au bout d’une dizaine de jours après les premiers symptômes grippaux.



©Us National Guard handout/Epa/Maxppp - Camp Funston, Kansas, Etats-Unis : des soldats atteints de la grippe espagnole sont placés en quarantaine en 1918. 


Elle aurait tué entre 50 et 100 millions de personnes en 1918 et 1919. Les circonstances particulières de la fin de la guerre auraient été favorables à la circulation de la maladie : de mauvaises conditions sanitaires, des populations affaiblies et de grands rassemblements.

Elle a été baptisée ainsi parce que l’Espagne, non concernée par le secret militaire, fut la première à en parler publiquement.



©Bibliothèque Nationale de France/Maxppp - En Angleterre, on combat l'épidémie de grippe espagnole. Ici, une potion donnée aux enfants en 1918.


Les universitaires s'accordent à dire que la fin de la pandémie est survenue en 1920, lorsque la société a fini par développer une immunité collective contre cette grippe dite espagnole, et que le virus s'est affaibli en mutant. 



©Bibliothèque Nationale de France/Maxppp -  Angleterre : obsèques de prisonniers allemands morts de la grippe espagnole en 1919.


Les pandémies affectent les civilisations depuis des millénaires. Avec désormais 56 millions de cas dans le monde, dont environ 1 350 000 décès, comment et quand se terminera la crise actuelle dûe au coronavirus ? L'Histoire le dira...