[Focus] 40 ans de l'abolition de la peine de mort en France

Rédigé le 01/03/2021
Bogna Romankiewicz


Dans l'histoire politique et judiciaire, c'est un anniversaire marquant. Cette année, la France se rappellera des 40 ans de l'abolition de la peine de mort, c'était le 9 octobre 1981. 


©Photopqr/La Provence/Georges Robert ; Marseille,  01/07/2020 ; Reportage à l'ancienne prison des Baumettes - Présentation de la guillotine, utilisée pour exécuter Ranucci et Djandoubi.


La peine de mort reste le combat de Robert Badinter, qui aura 93 ans cette année. Alors que la question d'une telle condamnation est soulevée depuis des décennies, c'est avec lui comme Garde des Sceaux, qu'elle sera abolie. Il est dans le gouvernement de Pierre Mauroy, sous la première présidence de François Mitterrand.
Le projet de loi est voté le 18 septembre 1981 par 369 voix pour, 113 contre à l'Assemblée Nationale, puis le 30 septembre 1981 par les sénateurs, par 161 voix pour, 126 contre. Et c'est le 9 octobre 1981 que la loi est promulguée.



©Keystone Pictures USA/Zumapress/Maxppp ; 1981 ; Paris, Robert Badinter, avocat au barreau de Paris, garde des Sceaux  sous le gouverement Mauroy et pourfendeur de la peine de mort en France.


Marqué par ce combat à vie, Robert Badinter est le créateur en 2010 de l'exposition Crime et Chatiment au Musée d'Orsay, qui traite des sanctions et condamnation des années 1791 à 1981.



©Horacio Villalobos/Epa/Maxppp - Paris, le 15 mars 2010. Une couverture du Petit Journal à l'exposition "Crime et Chatiment" au Musée d'Orsay à Paris. L'exposition est basée sur un projet de Robert Badinter, avocat puis Garde des Sceaux lors de l'abolition de la peine de mort en France.


Avant son abolition, la peine de mort est encore prononcée et exécutée plus de 50 fois entre 1957 et 1977.
A la suppression de cette condamnation définitive en 1981, la France est le dernier pays de le Communauté Européenne Economique à se réformer. 
L'un des derniers condmamnés les plus « célèbres » est Christian Ranucci. Sujet du best seller, adapté au cinéma, « Le Pull over rouge » de Gilles Perrault, l'homme a été condamné et exécuté le 28 juillet 1976 pour le meurtre de Marie-Dolorès Rambla.



©Photopqr/Nice Matin. reproduction de la Une de Nice Matin consacrée aux aveux de Christian Ranucci pour le meurtre de Marie-Dolorès Rambla.


C'est en fait Hamida Djandoubi, qui était le dernier exécuté de France, à la prison des Baumettes à Marseille, comme Ranucci quelques mois avant lui. Djandoubi avait torturé et tué une jeune femme de 22 ans. Il a été guillotiné le 10 septembre 1977.



©Photopqr/La Provence. Marseille, le 10 septembre 1977. Hamida Djandoubi, dernier condamné éxecuté en France.


Les histoires de crimes se recoupent,,,
Le 17 décembre 2020, Jean-Baptiste Rambla, frère de Marie-Dolorès Rambla, a lui été condamné à perpétuité pour avoir égorgé une jeune femme de 21 ans. Pas d'exécution, mais la perpétuité (rarement prononcée par les tribunaux de France) assortie d'une peine de surêté de 22 ans. 
Rambla dira qu'il a fait à Cintia, ce qu'il "rêvait de faire" à Gilles Perrault, qui, pour lui a blanchi Ranucci.
C'est le deuxième meurtre qu'il commet, avec celui de Corinne Beigl, sa patronne, en 2004.



©Photopqr/La Provence/Serge Gueroult. Aix en Provence le 15/10/2008 - Début du procès à la cour d' assises des Bouches du Rhône de Jean-Baptiste Rambla, le frère de MarieDolorès, tuée en 1974 par Christian Ranucci. Jean-Baptiste Rambla est accusé du meurtre de sa patronne Corinne Beidl.


40 ans après l'abolition de la peine de mort, le sujet n'est jamais bien loin. 
Face au coût faramineux de l'emprisonnement en France (32 000 euros par an et par prisonnier), beaucoup la réclament encore à chaque crime, plus particulièrement lors des infanticides.



©Photopqr/Ouest France/Thierry Creux. Ploemeur le 16/01/2012 - Prison . Centre pénitentiaire . Parcours d'entrée dans la prison : la vue de la fenêtre de la cellule .