[Focus] - Afghanistan : 337 anciens toxicomanes quittent la prison après 3 mois de traitement

Rédigé le 22/09/2022
Nola Bettini


A Kandahar, en Afghanistan, le 22 septembre 2022. Quelques 337 toxicomanes ont été libérés et renvoyés chez eux après avoir été traités à la prison. 



Le nouveau pouvoir a en effet affiché sa volonté de lutter contre les consommations de drogue, dans un pays qui est le premier producteur mondial d’opium et de cannabis.



A leur arrivée au pouvoir, les talibans ont annoncé vouloir soigner les toxicomanes dans des prisons un peu partout au pays dans le cadre d’un programme de réadaptation. 



Le phénomène de toxicomanie toucherait, selon l’Organisation des Nations Unies, 10 % de la population, soit près de quatre millions de personnes.



Sur les procédés utilisés, difficile d'en savoir plus. De la méthadone serait donnée en substitut aux accros à l’opium, mais aucun substitut n'existe pour les consommateurs de méthamphétamine. 



Selon des témoignages, les encadrants sont eux-mêmes d'anciens toxicos, et traitent les détenus à la dure, les laissant pendant des jours allongés sur leurs lits ou divaguer. 



Faute de suivi médical, beaucoup reviendraient régulièrement se "sevrer", voire même se feraient emmener de force lors de rafles menées par les autorités dans les squats et quartiers de deal.



En novembre 2021, le porte-parole du ministre de l’intérieur avait annoncé que près de 3 000 toxicomanes de Kaboul avaient été conduits en dernières semaines dans un centre de désintoxication.



« Nous avons lancé une prise en charge rapide des toxicomanes, a-t-il dit, et nous en amènerons d’autres à l’hôpital dans les prochains jours. Le processus concerne aussi les autres provinces, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus un seul drogué. »



©Epa/Maxppp